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Vers la réussite scolaire de tous les enfants

10 min
14.04.2022

Si l’origine sociale et les conditions économiques des familles jouent un rôle important en termes de parcours scolaire des jeunes et de niveau à l’écrit, ce déterminisme n’est pas une fatalité. Alors que la crise sanitaire a renforcé ces inégalités, des actions ciblées de la part des collectivités locales pour répondre aux besoins des plus fragiles, voire les anticiper, affichent un impact positif.

« Une grande école, pourquoi pas moi ? ». Ce nom du programme monté avec l’école polytechnique, pour l’ouvrir à des profils socio-culturels plus larges, reflète une urgence : celles de réduire les inégalités en matière de réussite à l’école, qui pèsent sur le parcours et l’avenir de beaucoup de jeunes. En France, 8% d’entre eux sortent du système scolaire sans diplôme. A l’université, les enfants de cadres supérieurs sont trois fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers. Dans les grandes écoles et les classes préparatoires, la différence est encore plus marquée. Et au-delà des inégalités en termes d’accès à certains cursus, les écarts se retrouvent également en termes de niveau, en lecture et écriture. Les enquêtes PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des Élèves) montrent, en effet, un score moyen de 445 pour les élèves de milieu social défavorisé et 550 pour les élèves de milieu favorisé à l’épreuve de compréhension à l’écrit.

En France, la réussite à l’école – et, à l’inverse, l’échec – reste donc largement déterminée socialement. Un phénomène accru pendant la crise sanitaire. Les élèves de conditions les plus modestes ont été les plus impactés. Pourquoi ? L’une des raisons se trouve dans l’importance de l’accompagnement parental durant cette période de confinement et d’école à la maison. Les parents d’élèves très favorisés ont davantage de temps pour aider leurs enfants que les parents d’élèves très défavorisés. Le rapport à l’écrit des parents peut également présenter des écarts et jouer un rôle important. Enfin, la continuité pédagogique ne s’est pas traduite de la même manière selon les conditions matérielles dans lesquelles se sont trouvés les jeunes, notamment au niveau de l’accès au numérique. Ainsi, 14% des collégiens et lycéens défavorisés ont connu un manque de matériel pendant le confinement de 2020, contre seulement 5% pour les élèves très favorisés.

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Des aides financières ciblées

Face à cela, une mobilisation collective est souhaitable, au sein de laquelle les collectivités locales ont un rôle à jouer. L’un des outils consiste en une aide financière en direction des familles de conditions les plus modestes. Un exemple avec la Région Ile de France sur l’équipement numérique. Quand, en mars 2020, la France entre en confinement, les étudiants se retrouvent au domicile, connectés par ordinateur à leurs enseignants et camarades. « Il nous a paru essentiel d’aider ceux aux conditions modestes à compléter leur équipement informatique », explique Delphine Pelade, Directrice de l’Enseignement supérieur et de l’Orientation à la Région Ile de France. La collectivité décide alors d’attribuer 100 euros à chaque étudiant boursier en première année, pour les aider à acquérir casque, écran, webcam et leur faciliter ainsi l’accès aux cours en visio et aux ressources en ligne. L’aide prend la forme d’un chèque UpCadhoc. Près de 27 000 étudiants en ont bénéficié. Ponctuel, lié à la situation sanitaire, ce dispositif est venu en complément de l’aide déjà apportée par la Région aux lycéens, qui reçoivent tous à leur entrée en seconde un ordinateur portable ou une tablette.

La ville de Tremblay-en-France, en Seine Saint-Denis, dont une part significative de la population est de condition modeste, a aussi fait le choix de fournir une aide financière à ses 18-25 ans. En avril-mai 2020, 1200 jeunes ont bénéficié d’un Chèque de Services de 160 euros pour des achats alimentaires, sans autre condition que d’être étudiant ou en recherche d’emploi. De plus, 120 étudiants ont reçu un chèque UpCadhoc de 400 euros pour l’équipement numérique, accordé sur lettre de motivation présentant leurs parcours et projet. Cette double opération a représenté un budget important pour la municipalité, qui a fait du soutien aux jeunes une priorité dans le contexte de crise sanitaire. « Nombre d’entre eux se sont retrouvés en première ligne, épuisés. Certains se sont retrouvés à la maison avec du matériel informatique de mauvaise qualité ou un seul ordinateur à partager. Cette crise a eu un impact conséquent sur leurs résultats scolaires. Il a paru essentiel à la municipalité de les aider », précise Houda Benallah, responsable administrative et financière de l’Office municipal de la Jeunesse de Tremblay-en-France.

Dans le même temps, la municipalité est allée plus loin. Elle a confié une étude de fond à son observatoire social sur les préoccupations de la jeunesse, leurs difficultés pour poursuivre leur scolarité, leurs attentes et besoins. Lors de leur déplacement pour récupérer le chèque d’aide, chaque jeune a été sollicité pour répondre au questionnaire. Les résultats seront connus prochainement. « A partir de ces résultats, les services et partenaires locaux vont se réunir pour réfléchir ensemble à des actions adaptées », explique Houda Benallah.

D’autres collectivités déploient également une aide financière ciblée pour soutenir la scolarité de leurs enfants, adolescents et jeunes adultes. Comme à Villejuif, où la municipalité a alloué une aide exceptionnelle pour l’achat de fournitures scolaires aux 3 700 élèves de classe élémentaire, sous forme de chèques UpCadhoc. Dans le Calvados, les étudiant·e·s ont reçu du département un chéquier d’une valeur de 250 euros (10 chèques de 25 euros) utilisables auprès des commerces du Calvados pour l’achat de biens essentiels. La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur accorde une gratification de 400 euros l’année d’obtention du bac pour les non-boursiers, et une bourse de 400 euros par an pendant trois ans aux boursiers. L’aide cible parfois les élèves méritants, comme à la Région Ile-de-France avec une bourse attribuée aux bacheliers ayant obtenu la mention « Très bien », au Département de l’Indre avec une bourse de 200 euros pour une mention « Très bien » et de 150 euros pour une mention « Bien », ou encore au Département des Alpes-Maritimes avec un chèque de 200 euros pour les bacheliers ayant obtenu une mention « Très bien ».

Soutenir les familles éloignées de l’écrit

Au-delà de ces aides financières, les collectivités locales peuvent également jouer un rôle plus en amont, en soutenant des actions de prévention auprès des familles. « Il est important de mettre en place des actions très tôt auprès des enfants pour éviter l’échec et le décrochage », souligne Christelle Leblanc, chargée de mission Prévention de l’illettrisme à l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI), dont le groupe Up est partenaire.

Un chiffre : 2,5 millions des 16-65 ans, en France, sont en situation d’illettrisme. « Certains parents, du fait de leurs difficultés, s’interdisent de jouer un rôle en lien avec le parcours scolaire de leurs enfants », souligne encore Christelle Leblanc. Pour soutenir ces familles éloignées de l’écrit, ou en difficulté plus générale avec l’institution que représente l’école, des actions de soutien à la parentalité peuvent être mises en place, à l’école en dehors des horaires scolaires, dans les maisons de jeunesse, les centres sociaux, etc. Le jeu de société en famille, la remobilisation autour de l’outil de suivi scolaire en ligne Pronote, le travail sur un rapport plus décomplexé au livre pour favoriser des moments de partage parent-enfant (avec des livres pop-up par exemple) sont autant d’outils préconisés par l’ANLCI. C’est la démarche des Actions Educatives Familiales (AEF), dont la mise en œuvre s’appuie sur les différents dispositifs déjà en place, en partenariat avec les acteurs locaux (collectivités mais aussi CAF, services de l’Etat, associations…).

Cette démarche peut aussi passer, souligne l’ANLCI, par une mobilisation des équipes sur le terrain, du personnel des CCAS aux animateurs des centres sociaux, en passant par les bénévoles des associations. « Les personnes concernées par l’illettrisme ont tendance à mettre en place des stratégies pour le cacher. Cela peut aller jusqu’à simuler un oubli de lunette, ou se mettre le bras en écharpe, pour éviter d’avoir à écrire. Autant de signes qu’il faut savoir, pour les professionnels, décoder, pour orienter les personnes concernées vers des actions de remédiation, et donc au final une capacité à mieux s’impliquer dans la scolarité de leurs enfants », explique encore Christelle Leblanc.

Le travail en amont sur les fondamentaux de la langue peut aussi se dérouler dans un cadre périscolaire. Ainsi, la ville de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a mis en place l’opération « Agir en faveur de l’accrochage scolaire des publics les plus vulnérables », avec le soutien du groupe Up, dont le siège social se trouve à Gennevilliers. Cet accompagnement, dont bénéficient 80 écoliers de quartiers prioritaires, consiste en la lecture de contes en groupe, puis leur restitution, pour améliorer la qualité de la compréhension et élargir le vocabulaire.

Lutter contre l’autocensure des jeunes

Toujours en amont, d’autres dispositifs font leurs preuves, notamment en impactant les représentations des jeunes et leur capacité à projeter dans des parcours variés. Les Cordées de la Réussite est, sur ce sujet, un projet majeur, financé par les Régions et l’Etat. « C’est un dispositif sur lequel nous misons beaucoup et que nous avons renforcé », précise Delphine Pelade, à la Région Ile de France. Le principe est de lutter contre l’autocensure des jeunes en rapprochant l’univers scolaire et l’enseignement supérieur à travers des actions de tutorat, visites, découvertes, conférences… Si les résultats ne sont pas encore quantifiés (ils devraient l’être prochainement avec l’intégration des données des Cordées de la réussite dans le dispositif Parcours Sup), « des évaluations réalisées par des entretiens ont confirmé l’impact positif en termes de découverte des métiers, de confiance en soi, d’ouverture à des parcours auxquels les jeunes n’auraient pas pensé sinon », affirme Delphine Pelade. En un mot, élargir le chemin des possibles.

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