CSE | Du côté des pros

1er mai : Fête du Travail ou fête des travailleurs ?

5 min
02.05.2022

Jour férié, muguet et cortèges, voici à quoi on pourrait résumer l’image d’Épinal du 1er mai. Pourtant, loin du folklore, cette journée symbolique, célébrée dans la plupart des pays du monde (et aussi fériée dans plus d’une centaine d’entre eux), est le résultat d’années de combats pour la défense des droits des travailleurs. Chez Up, on est sensibles aux droits des travailleurs, alors revenons sur les origines de cette journée.

Le 1er mai pour le mouvement ouvrier célèbre depuis plus d’un siècle, une journée pour le droit social, c’est-à-dire le droit des travailleurs. Cette fête du travail est le fruit d’une longue histoire de combats sociaux et syndicaux qui ont abouti à des avancées pour les travailleurs, à l’étranger comme en France.

Journée de huit heures

Le choix du 1er mai n’est pas un hasard. Son histoire ne naît pas en Europe, mais aux États-Unis. Au XIXe siècle, le 1er mai était le premier jour de l’année comptable des entreprises. En 1886, à cette date, de grandes manifestations de travailleurs éclatent pour réclamer la journée de huit heures. Les syndicats l’obtiendront après des affrontements meurtriers. En France, à l’occasion du centenaire de la Révolution française, en 1889, lors de la IIe Internationale socialiste à Paris et sous l’impulsion de Jules Guesde, il est décidé de faire du 1er mai une journée de manifestations.

En 1890, des ouvriers en grève défilent à leur tour pour demander le même droit. Le 1er mai devient alors pour les organisations syndicales une journée de manifestation, parfois marquée par de violentes répressions. Ce n’est qu’en 1919 que les organisations obtiendront une loi limitant la journée de travail à huit heures.

Augmentation du salaire minimum

Le 1er mai était jusqu’en 1946 un jour de grève pour les syndicalistes. Le gouvernement d’après-guerre le rend chômé, et deux ans plus tard, férié. Interdits pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie, les défilés du 1er mai reprennent de façon massive en 1968, réunissant des dizaines de milliers de manifestants. Ils aboutiront à une augmentation de 35 % du SMIG, le salaire minimum de l’époque.

Si aujourd’hui, les rangs sont moins nombreux, les syndicats gardent la confiance d’une bonne part des salariés pour leur capacité à peser sur des avancées sociales. Ainsi, la dernière édition du baromètre d’image des syndicats (IFOP 2021) montre que 48 % des Français et 53% des salariés leur font confiance pour défendre leurs intérêts. C’est la deuxième année depuis 2014 que cet indice dépasse 50%. Et pour les salariés, comme pour l’ensemble des Français interrogés, les avancées sociales attendues concernent l’emploi des jeunes, l’égalité femmes – hommes dans le travail et le respect des droits des salariés.

Revalorisation des salaires : ce qui change cette année

Aujourd’hui, la Fête des travailleurs est aussi, traditionnellement une date de revalorisation de certains droits sociaux. Ainsi, cette année, le Salaire minimum (Smic) augmente automatiquement en raison de l’inflation. Il passe à 1646,58 euros bruts (1302,64 euros nets) par mois. Cette année, le salaire minimum des agents des trois fonctions publiques (territoriale, nationale, hospitalière) connait aussi une revalorisation de 42 euros bruts par mois, pour atteindre 1649,48 euros bruts. Les contrats dits « aidés » comme les contrats d’apprentissage ou de professionnalisation, indexés sur un pourcentage du Smic, bénéficient eux aussi d’une revalorisation.

Pourquoi offre-t-on des brins de muguet le 1er mai ?

Il est de coutume d’offrir un brin de muguet à ses proches le 1er mai. Arrivée en Europe au Moyen Âge, cette fleur odorante – et toxique – est originaire du Japon. Symbolisant le retour du printemps et des beaux jours, elle est même synonyme de porte-bonheur dans certaines cultures.

C’est au XVIe siècle que la tradition d’offrir du muguet est née. A cette époque, la fête de l’amour n’était pas le jour de la Saint Valentin, mais bien le 1er mai. Les princes et les seigneurs fabriquaient alors des couronnes de fleurs, afin de les offrir à leur bien-aimée. Ayant reçu du muguet, le roi Charles IX décida, le 1er mai 1561, que dorénavant, les dames de la cour recevraient cette fleur à clochettes blanches tous les ans.

La Fête du muguet et la Fête des travailleurs n’ont pourtant pas grand chose en commun. Dès la première manifestation du 1er mai, en 1890, un insigne à la boutonnière permettait aux participants de se faire remarquer dans les rues parisiennes. C’était un petit triangle rouge, symbole de la division harmonieuse de la journée en « trois huit » – travail, sommeil, loisir -, revendication initiale du 1er mai. Dès lors, le port d’une fleur à la boutonnière sera assimilé à une manifestation à part entière, surtout lorsque les manifestants tiendront à se distinguer. Les commissaires de police prennent l’habitude de surveiller les « boutonnières fleuries » d’églantine qui deviendra plus tard du muguet.

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