Collectivités : Une carte, deux faces pour le pouvoir d’achat et l’alimentation saine

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Publié le 5 janvier, 2026
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Pour une collectivité territoriale, il y a un intérêt à promouvoir par une bonification financière l’accès à une alimentation fraîche, saine et locale tant pour les agents qu’elle emploie que pour la population qu’elle administre qui en est la plus éloignée.

Le programme Up+, adossé à la carte déjeuner Upcoop, le permet tout en laissant les bénéficiaires libres de consommer là où ils le souhaitent. Les deux faces d’une même carte qui conjugue responsabilité et liberté.



Le summum d’une alimentation durable consiste à acheter des produits bio, issus des circuits courts, dans les commerces d’un centre-ville . Voilà pour la photo idyllique car dans la réalité la localisation des commerces, l’origine des produits qui y sont vendus et bien entendu leur qualité ne s’interconnectent pas nécessairement. En fonction des priorités fixées, il faut donc faire des choix pour les régions, départements et villes qui décident de promouvoir une alimentation durable auprès des agents qu’elles emploient et des populations qu’elles administrent en leur proposant de bonifier financièrement certains de leurs achats, sans exclusion. Le dispositif Up+ permet de paramétrer sur-mesure les conditions des bonifications sur la carte de paiement dont usent les bénéficiaires.

Paramétrage sur mesure des critères de durabilité

Face au constat d’une désertification des petits commerces alimentaires de son centre-ville, une commune va tout faire pour y promouvoir les achats avant même de chercher à valoriser l’offre de produits locaux et leur qualité. Assurer l’accès à un commerce alimentaire de proximité, quel qu’il soit, est déjà en soit un gage de durabilité par rapport aux centres commerciaux implantés en périphéries dont l’accès se trouve conditionné à l’usage de la voiture.

C’est le raisonnement des villes qui proposent à leurs agents d’abonder exclusivement les achats qu’ils réalisent dans les commerces du centre-ville à l’instar de Creil, une commune de 36 000 habitants de l’Oise qui emploie plus 600 agents. En utilisant leur carte restaurant Upcoop dans les enseignes référencées du cœur de la ville, les agents se voyaient automatiquement créditer 20 % du montant qu’ils y avaient dépensé. Si l’achat se déroulait en dehors du centre mais dans la ville, la bonification était de 10 %. Libre à l’agent d’user de sa carte dans une grande surface implantée à l’extérieur de la ville, il ne bénéficiait simplement d’aucun crédit en retour. L’usage de la carte en centre-ville fût de 38,5 % contre 8,5 % auparavant.

Le paramétrage est totalement différent pour les habitants en situation de précarité de quatre villes de Seine-Saint-Denis que sont Clichy-Sous-Bois, Montreuil, Sevran et Villetaneuse. On y expérimente cette fois une carte alimentation d’Upcoop préfinancée par le département et l’Etat à hauteur de 50 € par mois et par personne. En achetant dans une enseigne bio référencée sur la carte, les bénéficiaires peuvent se voir créditer de 25 € supplémentaires chaque mois.

C’est ainsi que 24 % des 481 bénéficiaires (il y en aura plus de 1000 à l’issu de l’expérimentation) ont déjà acheté dans des magasins durables, très diversement répartis sur ces 4 villes pilotes. C’est la raison pour laquelle les fruits et les légumes achetés en grande et moyenne surface sont aussi éligibles à un coup de pouce financier.  Mieux vaut y consommer un produit frais, non transformé, quand bien même il n’est pas bio et ne vient pas d’un circuit court.

Défaut de paramétrage des caisses de la grande distribution

Mais les grandes et moyennes surfaces ne jouent pas pleinement le jeu pour rendre la bonification la plus incitative possible. Faute de paramétrage des caisses, la lecture des codes-barres des fruits et légumes ne permet en effet pas de créditer automatiquement les cartes avec les bonifications. Les bénéficiaires sont donc obligés de se faire valider manuellement leur ticket de caisse auprès d’un représentant d’Action Contre La Faim, ONG partenaire de ce programme baptisé Vital’im.

En février 2025, Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et Aïcha Koraïchi, présidente d’Action Contre la faim, avaient adressé un courrier à Alexandre Bompard, le Président de la Fédération du Commerce et de la Distribution pour souligner le décalage entre le discours des grandes enseignes sur l’alimentation durable et la réalité de la pratique à l’égard des bénéficiaires de la carte Vital’im qui sont pourtant 40 % à l’utiliser dans les supermarchés et hypermarchés.

Un courrier resté sans réponse que Stéphane Troussel a jugé opportun de rendre public sur LinkedIn en juin dernier après la tribune adressée le 12 juin par cinq distributeurs (Auchan Retail, Carrefour, Coopérative U, Groupe Casino et Groupement Mousquetaires/Intermarché) au gouvernement. Ils y assument leur  “rôle central” dans le cadre de la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat et demandent, à ce titre, au gouvernement davantage d’aides afin de concilier rentabilité et durabilité.

Or permettre d’activer une bonification immédiate des achats durables des bénéficiaires de la carte Vital’im et plus largement de cartes visant à favoriser une alimentation saine et durable fait assurément partie de l’équation et c’est pour le coup une responsabilité pleine et entière des distributeurs, pas des pouvoirs publics. Les enseignes devraient aussi y voir l’occasion/leur intérêt de promouvoir leur marque distributeur bio.

Changer les habitudes de consommation alimentaire

Le Conseil Départemental du Gers et le Groupement d’Intérêt Public (GIP) Gers solidaire ont quant à eux fait le choix de bonifier les achats de produits bio et locaux dans un réseau de boutiques affiliées, sans rendre la grande distribution éligible. Plus de 100 bénéficiaires du programme « Mieux Man’GERS «  porté par la carte dédiée créditée de 40 euros par mois et par adulte (20 € par enfant) ont ainsi profité d’une bonification initiale correspondant à 50 % de la dépense engagée dans une boutique affiliée. Résultat : 67% des achats mensuels ont été dépensés vers le durable. Alors que le dispositif de bonification est dégressif, 36% des dépenses ont continué à s’effectuer dans le réseau durable affilié le mois suivant l’arrêt du coup de pouce. Le pli d’une nouvelle habitude de consommation est bien pris.

Si « Mieux Man’GERS » est orienté sur la population du département la plus exposée à la précarisation, le programme ne manque pas de donner des idées à certaines villes du territoire pour le décliner sur leurs agents. Un projet est en cours avec l’une d’entre elles pour donner un coup de pouce aux agents qui utiliseront leur titre restaurant dans une enseigne durable référencée.

Les monnaies intelligentes Upcoop au service de l’attractivité des territoires

Les solutions de paiement à utilité sociale et locale déployées par Upcoop rendent plus visibles et efficaces les actions mises en place par les Collectivités territoriales. Les monnaies intelligentes Upcoop permettent d’orienter le pouvoir d’achat vers une consommation plus locale et responsable.

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